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AZOLAN.
Que je t’ai rencontré chez moi ;Mais je me garde de le dire :Quand on se vante de t’avoir,On en est privé par l’envie :Pour te garder il faut savoirTe cacher, et cacher sa vie.
AZOLAN,
ou
LE BÉNÉFICIER.
H
A son aise dans son villageVivait un jeune musulman,
Bien fait de corps, beau de visage,
Et son nom était Azolan.
Il avait transcrit l’Alcoran,
Et par cœur iF allait l’apprendre.
Il fut, dès l’âge le plus tendre,
Dévot à l’ange Gabriel.
Ce ministre emplumé du cielUn jour chez lui daigna descendre :
« J’ai connu, dit-il, mon enfant,
Ta dévotion non commune :
Gabriel est reconnaissant,
Et je viens faire ta fortune ;
Tu deviendras dans peu de tempsIman de la Mecque et Médine :
C’est, après la place divineDu grand commandeur des croyants,Le plus opulent bénéficeQue Mahomet puisse donner.
Les honneurs vont t’environnerQuand tu seras en exercice ;
Mais il faut me faire serment