LA MULE DU PAPE.
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Qu’étant si riche, on fait mal son salut.
Un temps après, notre ami BelzébutAlla dans Rome : or c’était l’heureux âgeOù Rome avait fourmilière d’élus ;
Le pape était un pauvre personnage,
Pasteur de gens, évêque, et rien de plus.
L’Esprit malin s’en va droit au saint-père,
Dans son taudis l’aborde, et lui dit : « Frère,
Je te ferai, si tu veux, grand seigneur. »
A ce seul mot l’ultramontain pontifeTombe à ses pieds ,-et lui baise la griffe.
Le farfadet, d’un air de sénateur,
Lui met au chef une triple couronne :
« Prenez, dit-il, ce que Satan vous donne ;
Servez-le bien, vous aurez sa faveur. »
O papegots, voilà la belle sourceDe tous vos biens, comme savez. Et pour ceQue le saint-père avait en ce tracasBaisé l’ergot de messer Satanas,
Ce fut depuis chose à Rome ordinaireQue l’on baisât la mule du saint-père.
Ainsi l’ont dit les malins huguenotsQui du papisme ont blasonné l’histoire :
Mais ces gens-là sentent bien les fagots;
Et, grâce au ciel, je suis loin de les croire.
Que s’il advient que ces petits vers-ciTombent ès mains de quelque galant homme,
C’est bien raison qu’il ait quelque souciDe les cacher, s’il fait voyage à Rome.
NOTE
* Le jésuite Bouhours se servit de cette expression : Jcsus-Christ futemporté par le diable sur la montagne; c’est ce qui donna lieu à ce noëlqui finit ainsi :
Car sans lui saurait-on, don, don .
Que le diable emporta, la, la.
Jésus notre bon maitrc ?