LA CREPINADE.
Dudit Iïoudart unique admirateur ;
Houdart enfin, qui, dans un coin du Pinde,Loin du sommet où Pindare se guindé,
Non loin du lac est assis, ce dit-on,
Tout au-dessus de l’abbé Terrasson.
LA CRÉPINADE.
Le diable un jour, se trouvant de loisir,
Dit : « Je voudrais former à mon plaisirQuelque animal dont l’âme et la figurePût à tel point au rebours de nature,
Qu’en le voyant l’esprit le plus bouchéY reconnût mon portrait tout craché. »
Il dit, et prend une argile ensoufrée,
Des eaux du Styx imbue et pénétrée. ;
Il en modèle un chef-d’œuvre naissant,
Pétrit son homme, et rit en pétrissant.
D’abord il met sur une tête immondeCertain poil roux que Ton sent à la ronde ;
Ce crin de juif orne un cuir bourgeonné,
Un front d’airain, vrai casque de damné ;
Un sourcil blanc cache un œil sombre et loucheSous un nez large il tord sa laide bouche.
Satan lui donne un ris sardonieuQui fait frémir les pauvres gens de bien,
Cou de travers , omoplate en arcade,
Un dos cintré propre à la bastonnade;
Puis il lui souffle un esprit imposteur,
Traître et rampant, satirique et flatteur.
Rien n’épargnait : il vous remplit la bêteDe fiel au cœur , et de vent dans la tête.
Quand tout fut fait, Satan considéraCe beau garçon, le baisa, l’admira ,