sun l’usage de la yie.
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Reconnaît la même loi ;Chaque mortel en partageA son bonheur près de soi.L’inépuisable naturePrend soin de la nourritureDes tigres et des lions,
Sans que sa main abandonneLe moucheron qui bourdonneSur les feuilles des buissons ;Et tandis que l’aigle altièreS’applaudit de sa carrièreDans le vaste champ des airs,La tranquille PhilomèleA sa compagne fidèleModule ses doux concerts.Jouissez donc de la vie,
Soit que dans l’adversitéElle paraisse avilie,
Soit que sa prospéritéIrrite l’œil de l’envie.
Tout est égal, croyez-moi :
On voit souvent plus d’un roiQue la tristesse environne ;
Les brillants de la couronneNe sauvent point de l’ennui :Ses mousquetaires, ses pages ,Jeunes, indiscrets, volages,Sont plus fortunés que lui.
La princesse et la bergèreSoupirent également ;
Et si leur âme diffère,
C’est en un point seulement :Philis a plus de tendresse,Philis aime constamment,
Et bien mieux que son altesse...Ah ! madame la princesse,
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