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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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NOTES.

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défendre. Certes, en voyant notre roi se défaire de sa vaisselle dar-gent, et se priver de ce qui fait le nécessaire dun monarque, quel estle citoyen qui ne suivra pas un exemple si noble et si touchant ( 1700 )?

Voici : dit M. Beuchot, ce que raconte Chamfort à ce sujet, « Louis XVdemanda au duc dAven (depuis maréchal de Noailies) sil avait envoyésa vaisselle à la monnaie. Le duc répondit que non. Moi, dit le roi,jai envoyé la mienne. Ah! sire, dit M. dAyen, quand Jésus-Christmourut le vendredi saint, il savait bien quil ressusciterait le dimanche,g Greffier au parlement de Paris ( 1760).

h La querelle de la bulle Unigenitus fut un de ces ridicules sérieuxqui ont troublé la France assez longtemps. On nignore pas que LouisXIV eut le malheur de se mêler des disputes absurdes entre les jansé-nistes et les molinisles ; que cette extravagance jeta de lamertume surla lin de ses jours, et que cette guerre théologique, pour navoir pasété assez méprisée, renaquit ensuite assez violemment. Cétait la hontede lesprit humain; mais on était accoutumé à cette honte ( 1771 ).

î Valère Maxime (lib. II, cap. 6, de ext. Jnstit. ) dit que les druidesprêtaient de largent aux pauvres, à la charge quils le rendraient en lau-tre monde.

j La folie inconcevable des convulsions fut un des fruits de la bulleUnigenitus. Il y en avait encore en 1760, et elles avaient commencéen t 724. Sans les philosophes, qui jetèrent sur cette démence infâmetout le ridicule quelle méritait, cette fureur de lesprit de parti auraiteu des suites très-dangereuses ( 1771 ).

s M. le Franc dePompignan, dans un mémoire quil dit avoir pré-senté au roi en 1760, sexprime ainsi, page 17 : « Il faut que tout luni-« vers sache que... le roi sest occupé de mon discours, non comme dune« nouveauté passagère, mais comme dune production digne de lalten-« tion particulière des souverains. »

Quel producteur que ce Pom pignan! quelle modestie ! de quel Ion ilparle à lunivers ! comme l'univers est occupé de lui !

Ce même le Franc de Pompignan dit, page io : « Un homme de ma« naissance et de mon état. » La naissance de le Franc !

Ce même le Franc de Pompignan dit encore que, pendant quil étaitjqge des aides en Quercy, ü écrivait de la prose pour Vutilité de sescompatriotes. Voici la prose utile de M. le Franc dePompignan. Il eutla bonté, en 1756, décrire au roi, et de lui reprocher le bien que leroi fesait à la nation, en fesant lui-même, à Trianon, lessai de la mé-thode de remédier à la carie des blés. Sa majesté daigna faire envoyerla recette dans toutes les provinces : cest une de ses attentions pater-nelles pour son peuple; nous len bénissons, nos enfants len béniront.M. le Franc de Pompignan semble insulter à sa bienfesance ; il lui dit :« Ces expériences ne rendront pas nos champs moins incultes. Le parc« de Versailles ne décide pas de létat de nos campagnes. Vous traitez« vos sujets plus impitoyablement que des forçats; on exerce sur eux« des vexations horribles : sortez de lenceinte de votre palais somptueux,« vous verrez un royaume qui sera bientôt un désert... »

Telle estla prose coulanteet agréable du sieur Franc de Pompignan.Le roi na jamais donné un plus grand exemple de clémence quen dai-gnant pardonner à ce bourgeois de Qucrcy un peu trop vif. Est-ce à cetitre quon la reçu à lAcadémie?

io.