NOTES.
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La marche de Spinosa est plus géométrique que celle de tous les phi-losophes de l’antiquité. C’est le premier athée qui ait procédé par lem-Daes et par théorèmes.
Bayle , en prenant la doctrine de Spinosa à la lettre, en raisonnant d’a-près ses paroles, trouve cette doctrine contradictoire et ridicule. En ef-fet, qu’esl-ce qu’un Dieu dont tous les êtres seraient des modifications,qui serait jardinier et plante, médecin et malade, homicide et mourant,destrucleur et détruit?
Bayle parait opposer à Spinosa une dialectique très supérieure. Maisquel est le sort de toutes les disputes ! Jurieu regardait Bayle comme uncompilateur d’idées plus dangereuses que celles deSpinosa; Arnauld et sespartisans tombaient sur Jurieu comme sur un fanatique absurde; les jé-suites accusaient Arnauld d’être au fond un ennemi de la religion ; et toutParis voyait dans les jésuites les corrupteurs de la raison et de la mo-rale , et des fabricateurs de lettres de cachet. Pour Spinosa, tout le mondeen parlait, et personne ne le lisait.
Voici l’analyse de tous ses principes :
Il ne peut exister qu’une substance; car qui est par soi doit être un,et ne peut être limité. La substance doit donc être infinie.
H est impossible qu’une substance en produise une autre, sans qu’il yait quelque chose de commun entre elles. Or ce quelque chose de com-nmn ne peut exister avant la substance produite : donc la création estimpossible.
Une substance ne peut en faire une autre, puisque étant infinie par sanature, un infini ne peut en créer un autre.
11 n’y a donc qu’un infini; donc tout est mode.
L’intelligence et la matière existent; donc l’intelligence et la matièreentrent dans la nature de cet infini.
La substance étant infinie doit avoir une infinité d’attributs : donc l’in-finité d’attributs est Dieu; donc Dieu est tout.
Ce système a été assez réfuté par l’humain Fénelon, par le subtilLami, et surtout de nos jours par M. l’abbé de Condillac, par M. l’abbéPluquet.
Si d’illustres adyersaires peuvent servir en quelque sorte à la gloire d'unauteur, on voit que jamais homme n’a été honoré d’ennemis plus res-pectables. Il a été attaqué par deux cardinaux des plus savants et des plusingénieux qu’ait eus la France, tous deux chéris à la cour, tous deux mi-nistres et ambassadeurs à Rome. Le premier lui fait la guerre en beauxvers latins dans son Anti-Lucrèce; le second, en beaux vers français,dans une épitre instructive et agréable.
Voici quelques-uns des vers latins :
Dogmata comptexus, partim vcsana StratonisRestituit commenta , suisque erroribus auxitOmnigeni Spinosa De» fabrlcator, et orbemAppellare Dcum, ne quis Deus iraperet orbi.
Tanquain esset domus ipsa domum qui condidit, austis.
Sic rediviva novo sese munimine cinxitImpietas, tumidumque alta caput extulit arec.
Scilicet ex toto rcrum glomeramine numenf.onstruxit, cui sint pro corporo corpora cuncta,
Et cnnette mentes pro mente, simulqire perenni
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