NOTES.
3 Ce trône est très-respectable. Il est sans doute l’objet d’une louableémulation. Simon, lits de Jones, nommé Céphas ou Pierre, est un trèsgrand saint; mais il n’eut point de trône. Celui au nom duquel il par-lait avait défendu expressément à tous ses envoyés de prendre même lenom de docteur, de maitre, et avait déclaré que qui voudrait être lepremier serait le dernier. Les choses sont changées; et dans la suitedes temps le trône devint la récompense de l'humilité passée (1772).
b Ce garnement de Dijon est un nommé Clément, maitre de quartierdans un collège de Dijon, qui a fait un livre contre MM. de Saint-Lam-bert, Delille, de Watelet, Dorât, et plusieurs autres personnes. L’auteurdes Cabales fut maltraité dans ce livre, où règne un air de suffisance,un ton décisif et tranchant qui a été tant blâmé par tous les honnêtes gensdans les hommes les plus accrédités de la littérature, et qui est le comblede l’insolence et du ridicule dans un jeune provincial sans expérienceet sans génie (1772). — Il s’est couvert d’opprobre par des libelles aussiaffreux qu’absurdes, que la police n’a pas punis, pareequ’elle les a ignorés.Les malheureux qui ont composé de tels libelles pour vivre, comme Clé-ment, la Beaumelle, Sabatier natif de Castres, ressemblent précisémentau Pauvre Diable , qui est si naturellement peint dans la picee de ce nom.Ji n’est point de vie plus déplorable que la leur ( 1775).
c c’est principalement au parterre de la Comédie-Française, à la re-présentation des pièces nouvelles, que les cabales éclatent avec le plusd’emportement. Le parti qui fronde l’ouvrage et le parti qui le soutient serangent chacun d’un côté. Les émissaires reçoivent à la porte ceux quientrent, et leur disent : Venez-vous pour siffler? niellez-vous Jà : venez-vous pour applaudir? mettez-vous ici. On a joué quelquefois aux dés lachute ou le succès d’une tragédie nouvelle au café de Procope. Ces ca-bales ont dégoûté les hommes de génie, et n’ont pas peu servi à dé-créditer un spectacle qui avait fait si longtemps la gloire de la nation(1772).
d La même manie a passé à l’Opéra, et a été encore plus tumultueuse.Mais les cabales au Théâtre-Français ont un avantage que les cabales del’Opéra n’ont pas; c’est celui de la satire raisonnée. On ne peut à i'O*péra critiquer que des sons : quand on a dit : Cette chacoane, cetteloure me déplaît, on a tout dit. Mais à la Comédie on examine des idées,des raisonnements, des passions, la conduite, l’exposition, le nœud, ledénoûment, le langage. On peut vous prouver méthodiquement, et deconséquence en conséquence, que vous êtes un sot qui avez voulu avoirde l’esprit, et qui avez assemblé quinze cents personnes pour leur prouver que vous en savez plus qu'eux. Chacun de ceux qui vous ccoutentest,sans le savoir, un peu jaloux de vous; il est en droit de vous criti-quer, et vous êtes en droit de lui répondre. Le seul malheur est quevous êtes trop souvent un contre mille.
11 en va autrement en fait de musique ; il n’y a que le potier qui soitjaloux du potier, et le musicien du musicien, disait Hésiode. Il y fautseulement ajouter encore les partisans du musicien; mais ceux-là sonteunemis, et ne sont point jaloux. Dans les talents de l’esprit, aucon