NOTES.
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On trouve dans la collection des ouvrages de M. de Voltaire de pré-tendus vers de M. Clairaut, qui n’en lit jamais ; une pièce qui a pour ti-tre les Avantages de la raison , dans laquelle il n’y a ni raison ni rime;une épitre à mademoiselle Sallé, qui est de M. Tliieriot; une épitre àl’abbé de Rothelin, qui est de M. de Formont; des vers sur la mort demadame du Châtelet, dont nous ignorons l’auteur;
Des vers au duc d’Orléans, régent, qu’il n’a jamais faits;
Une ode intitulée le yrai Dieu, qui est d’un jésuite nommé Lefèvre;
Une épitre de l’abbé de Grécourt, platement licencieuse, qui commencepar ces mots : Belle maman, soyez Varbitre ; des vers au médecin Sil-va^ à l’oculiste Gendron ; une réponse à un M. de B., qui com-
mence ainsi :
Oui, mon cher B.il est l’âme du monde;
Sa chaleur le pénètre et sa clarté l’inonde,
Effets d’une môme action.
Sa plus belle productionEst cette lumière éthéréeDont Newton le premier, d’une main inspirée,
Sépara les couleurs par la réfraction.
Les beaux vers ! et que les gens qui les attribuent à M. de Voltaire ontle goût fin, et que leur main est inspirée!
Des vers à une prétendue marquise de T. sur la philosophie de Newton,dans lesquels on trouve cette élégaute tirade :
Tout est en mouvement : la terre, suspendue,
En atome léger nage dans l’étendue ;
L’espace, ou plutôt Dieu dans son immensité,
Balance sur son poids l’univers agité.
Les travaux de la nuit, les phases, sont prédites.
Newton des premiers mois retraça les orbites.
Et les éditeurs suisses, qui ont imprimé ces bêtises venues de Paris,ont l’assurance d’imprimer en notes que c’est la véritable leçon ?
On a fait pourtant un recueil immense de ces fadaises barbares sansconsulter jamais l’auteur, ce (fui est aussi incroyable que vrai. Tant pispour les libraires qui ont ainsi déshonoré leur art et la littérature.
C’est sur quoi l’auteur disait : On fait mon inventaire, quoique je nesois pas encore mort ; et chacun y glisse ses meubles pour les vendre( 1774).
a M. Clément et M Sabotier ont imprimé que notre auteur avait pilléle poème de la Henriade d’un poème intitulé Clovis, par M. Saint-Di-dier. Cela est encore peu honnête, car ce Clovis ne parut que trois ansaprès la Henriade; mais une erreur de trois ans est peu de chose.
11 en a échappé une de quinze ans à M. l’abbé Sabotier; car ii a im-primé que notre auteur avait pillé son Siècle de Louis XIV dans les An-nales politiques de l’abbé de Saint-Pierre; mais le Siècle de Louis XIVfut imprimé pour Ja première fois en 1752, et le livre de l’abbé de Saint-Pierre en 1707 ; sur quoi un mauvais plaisant, se souvenant mal à proposque Sabotier est le lils d’un bon perruquier de Castres, chassé de chezson père, a écrit qu’il aurait dû plutôt faire des perruques pour l’au-teur de la Henriade, que de le dépouiller cruellement de ses prétendus