ÉPÎTRES.
Et j’ai donné la préférenceSur le plus grand de nos hérosAu plus grand charlatan de France.
Ce discours vous déplaira fort ;
Et je confesse que j’ai tortDe parler du soin de ma vieA celui qui n’eut d’autre envieQue de chercher partout la mort.
Mais souffrez que je vous réponde,
Sans m’attirer votre courroux,
Que j’ai plus de raisons que vousDe vouloir rester dans ce monde ;
Car si quelque coup de canon,
Dans vos beaux jours brillants de gloire,Vous eût envoyé chez Pluton,
Voyez la consolationQue vous auriez dans la nuit noire,Lorsque vous sauriez la façonDont vous aurait traité l’histoire !
Paris vous eût premièrementFait un service fort célèbre,
En présence du parlement;
Et quelque prélat ignorantAurait prononcé hardimentUne longue oraison funèbre,
Qu’il n’eût pas faite.assurément.
Puis, en vertueux capitaine,
On vous aurait proprement misDans l’église de Saint-Denys,
Entre Duguesclin et Turenne.
Mais si quelque j our, moi chétif,J’allais passer le noir esquif,
Je n’aurais qu’une vile bière ;
Deux prêtres s’en iraient gaîmentPorter ma figure légère,