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epîtres.
Ne put de notre joie empoisonner le cours.
Jeunes, gais, satisfaits, sans soins , sans prévoyance,
Aux douceurs du présent bornant tous nos désirs,
Quel besoin avions-nous d’une vaine abondance ?
Nous possédions bien mieux, nous avions les plaisirs !
Ces plaisirs, ces beaux jours coulés dans la mollesse,
Ces ris, enfants de l’allégresse,
Sont passés avec toi dans la nuit du trépas.
Le ciel, en récompense, accorde à ta maîtresseDes grandeurs, et de la richesse,
Appuis de l’âge mûr, éclatant embarras,
Faible soulagement quand on perd sa jeunesse.
La fortune est chez elle, où fut jadis l’amour.
Les plaisirs ont leurs temps, la sagesse a son tour.L’amour s’est envolé sur l’aile du bel âge ;
Mais jamais l’amitié ne fuit du cœur du sage.
Nous chantons quelquefois et tes vers et les miens ;
De ton aimable esprit nous célébrons les charmes ;
Ton nom se mêle encore à tous nos entretiens ;
Nous lisons tes écrits, nous les baignons de larmes.
Loin de nous à jamais ces mortels endurcis,
Indignes du beau nom, du nom sacré d’amis,
Ou toujours remplis d’eux, ou toujours hors d’eux-même,Au monde, à l’inconstance ardents à se livrer,
Malheureux, dont le cœur ne sait pas comme on aime,
Et qui n’ont point connu la douceur de pleurer !
A M. DE FORMONT,
EK LUI ENVOTANT LES OEUVRES DE DESCARTES ET DE MALEBRANCIIE.
Rimeurcharmant, plein déraison,
Philosophe entouré des Grâces,
Épicure, avec Apollon,
S’empresse à marcher sur vos traces.
Je renonce au fatras obscur