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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ÉPITRE

CONNUE SOUS LE NOM DES VOUS ET DES TU'

Philis, quest devenu ce temps, dans un fiacre promenée,

Sans laquais, sans ajustements,

De tes grâces seules ornée,

Contente dun mauvais soupeQue tu changeais en amhrosie,

Tu te livrais, dans ta folie,

A lamant heureux et trompéQui tavait consacré sa vie ?

Le ciel ne te donnait alors,

Pour tout rang et pour tous trésors ,

Que les agréments de ton âge,

Un cœur tendre, un esprit volage,

Un sein dalbâtre, et de beaux yeux.

Avec tant dattraits précieux,

Hélas ! qui neût été friponne ?

Tu le fus, objet gracieux;

Et (que P Amour me le pardonne !)

Tu sais que je ten aimais mieux.

Ah, madame ! que votre vie,

' Cette épitre a été adressée à mademoiselle de Livri, alors madamela marquise de Gouverner Cest delle que parle M. de Voltaire dans sonepitre à M. de Genonville, dans lépitre adressée à ses mânes, et danscelle à M. le duc de Sully. Le suisse do madame la marquise de Gouver-net ayant refusé la porte à M. de Voltaire, que mademoiselle de Livrinavait point accoutumé à un tel accueil, il lui envoya cette épitre. Lors-quil revint à Paris, en 1778 , il vit chez elle madame de Gouvernet, âgéecomme lui de plus de quatre-vingts ans, veuve alors, et qui pouvait lerecevoir sans conséquence. Cest en revenant de cette visite quil disait :« Ah ! mes amis, je viens de passer dun bord du Cocyte à lautre. « Ma-dame de Gouvernet envoya le lendemain à madame Denis un portraitdeM- de Voltaire peint par Largillière, quil lui avait donné dans letemps de leur première liaison, et quelle avait conservé malgré leurrupture, son changement détat, et sa dévotion. K.

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