ÉPÎTBES.
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Dans les limites d’un ovale.
J’en entends raisonner les plus profonds esprits,Maupertuis et Clairaut, calculante cabale;
Je les vois qui des cieux franchissent l’intervalle,
Et je vois trop souvent que j’ai très-peu compris.
De ces obscurités je passe à la morale;
Je lis au cœur de l’homme, et souvent j’en rougis.J’examine avec soin les informes écrits,
Les monuments épars, et le style énergiqueDe ce fameux Pascal, ce dévot satirique.
Je vois ce rare esprit trop prompt à s’enflammer ;
Je combats ses rigueurs extrêmes.
Il enseigne aux humains à se haïr eux-mêmes ;
Je voudrais, malgré lui, leur apprendre à s’aimer.
Ainsi mes jours égaux, que les muses remplissent,
Sans soins, sans passions, sans préjugés fâcheux,Commencent avec joie, et vivement finissentPar des soupers délicieux.
L’amour dans mes plaisirs ne mêle plus ses peines ;
La tardive raison vient de briser mes chaînes ;
J’ai quitté prudemment ce dieu qui m’a quitté ;
J’ai passé l’heureux temps fait pour la volupté.
Est-il donc vrai, grands dieux! il ne faut plus que j’aime.La foule des beaux-arts, dont je veux tour à tourRemplir le vide de moi-même,
N’est pas encore assez pour remplacer l’amour.
NOTES.
a Paul Véronèse (1739).b Musiciens agréables (1748).
0 Actrices de ce temps-là (1748).
is.