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ÉPÎTEES.
En font chez lui l’heureux partage,Les femmes l’ont pris fort souventPour un ignorant agréable,
Les gens en us pour un savant,
Et le dieu joufflu de la tablePour un connaisseur très-gourmand.Qu’il vive autant que son ouvrage 1 ,Qu’il vive autant que tous les roisDont il nous décrit les exploits,
Et la faiblesse et le courage,
Les mœurs, les passions, les lois,Sans erreurs et sans verbiage.
Qu’un bon estomac soit le prixDe son cœur, de son caractère,
De ses chansons, de ses écrits.
Il a tout : il a l’art de plaire,
L’art de nous donner du plaisir,
L’art si peu connu de jouir ;
Mais il n’a rien s’il ne digère.
Grand Dieu! je ne m’étonne pasQu’un ennuyeux, un Desfontaine,Entouré dans son galetasDe ses livres rongés des rats ,
Nous endormant, dorme sans peine ;Et que le bouc soit gros et gras.
Jamais Églé, jamais Sylvie,
Jamais Lise à souper ne prieUn pédant à citations,
Sans goût, sans grâce, et sans génie ;Sa personne, en tous lieux honnie,
Est réduite à ses noirs gitons.
Hélas ! les indigestionsSont pour la bonne compagnie.
■ Nouvel abrégé chronologique de l’Histoire de France.