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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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258 ÉPÎTRES.

Des bavards fourrés de lécole ;

Mais quand son élève Charron ,

Plus retenu, plus méthodique,

De sagesse donna leçon,

Il fut près de périr, dit-on,

Par la haine théologique.

Les lieux, le temps, loccasion,

Font votre gloire ou votre chute ;

Hier on aimait votre nom,Aujourdhui lon vous persécute.

La Grèce à linsensé PyrrhonFait élever une statue :

Socrate prêche la raison ,

Et Socrate boit la ciguë.

Heureux qui dans dobscurs travauxA soi-même se rend utile !

Il faudrait, pour vivre tranquille,

Des amis, et point de rivaux.

La gloire est toujours inquiète;

Le bel esprit est un tourment.

On est dupe de son talent :

Cest comme une épouse coquette,

Il lui faut toujours quelque amant.

Sa vanité, qui vous obsède,

Sexpose à tout imprudemment ;

Elle est des autres lagrément,

Et le mal de qui la possède.

Mais finissons ce triste ton.

Est-il si malheureux de plaire?

Lenvie est un mal nécessaire ;

Cest un petit coup daiguillonQui vous force encore à mieux faire.Dans la carrière des vertusLâme noble en est excitée.

Virgile avait son Mævius,