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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ÉPÎTKES.

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Qui vient couper mes blés pour payer ses impôts ;

Des riches Genevois les campagnes brillantes;

Des Bernois valeureux les cités florissantes ;

Enfin cette Comté, franche aujourdhui de nom,Quavec lor de Louis conquit le grand Bourbon :

Et du bord de mon lac à tes rives du Tibre.,

Je te dis, mais tout bas : Heureux un peu pie libre !

Je le suis en secret dans mon obscurité ;

Ma retraite et mon âge ont fait ma sûreté.

Dun pédant dAnneci jai confondu la rage 1 :

Jai ri de sa sottise : et quand mon ermitageVoyait dans son enceinte arriver à grands (lotsDe cent divers pays les belles, les héros,

Des rimeurs, des savants, des têtes couronnées,

Je laissais du vilain les fureurs acharnéesHurler dune voix rauque au bruit de mes plaisirs.

Mes sages voluptés nont point de repentirs.

Jai fait un peu de bien ; cest mon meilleur ouvrage.Mon séjour est charmant, mais il était sauvage ;Depuis le grand édit a , inculte, inhabité,

Ignoré des humains, dans sa triste beauté ;

La nature y mourait : je lui portai la vie;

Josai ranimer tout. Ma pénible industrieRassembla des colons par la misère épars ;

Jappelai les métiers, qui précèdent les arts ;

Et , pour mieux cimenter mon utile entreprise,

Junis le protestant avec ma sainte Église.

Toi qui vois dun même œil frère Ignace et Calvin ,Dieu tolérant, Dieu bon, tu bénis mon dessein !André Ganganelli, ton sage et doux vicaire,

Sait mapprouver en roi, sil me blâme en saint-père.Lignorance en frémit, et Nonotte hébétéSindigne en son taudis de ma félicité.

Ne me demande pas ce que cest quun Nonotte,

1 Voyez la note de lépitte à M. de Saint-Lambert. K