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LA POLICE SOUS LOUIS XIV.
Fait au bonheur public servir les passions.
Mais ce n’est pas assez qu’un sage soit utile :lie magistrat français doit penser en édile ;
Il doit lever les yeux vers ces nobles RomainsQue le ciel fit en tout l’exemple des humains.
C’était peu de tracer de leurs mains triomphantesDu Tibre au Pont-Euxin ces routes étonnantes,
De transporter les flots des fleuves captivésSur cent arcs triomphaux jusqu’au ciel élevés ;
Rome, en grands monuments de tous côtés féconde,Donna des lois, des arts, et des fêtes au monde :L’univers, enchaîné dans un heureux loisir,
Admira les Romains jusqu’au sein du plaisir.
Paris ne cède point à l’antique Italie ;
Chaque jour nous rassemble au temple du génie,
A ces palais des arts, à ces jeux enchanteurs,
A ces combats d’esprit qui polissent les mœurs :Pompe digne d’Athène, où tout un peuple abonde ;École des plaisirs, des vertus, et du monde.
Plus loin la presse roule, et notre œil étonnéY voit un plomb mobile en lettres façonné,
Mieux que chez les Chinois, sur des feuilles légèresTracer un monument d’immortels caractères.Protégez tous ces arts , ô vous , soutiens des lois,Ministres, confidents ou précepteurs des rois !Méritez que vos noms soient écrits dans l’histoirePar la main des talents, organes de la gloire.
Colbert et Richelieu, les palmes dans les mains,
De l’immortalité vous montrent les chemins.Regardez auprès d’eux ce vigilant génie,
Successeur généreux 1 du prudent la Reynie,
A qui Paris doit tout, et qui laisse aujourd’hui,Pour le bien des Français, deux fils dignes de lui.Ma voix vous nommerait, vous dont la vigilance
' Le Voyer-d’Argenson, lieutenant général de police.