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JEAN QUI PLEUKE ET QUI KIT.
Plus que les fureurs de l’ondeEt les flammes des volcans. »
Enfin, lorsque j’envisageDans ce malheureux séjourQuel est l’horrible partageDe tout ce qui voit le jour,
Et que la loi suprême est qu’on souffre et qu’on meure,Je pleure.
Mais lorsque sur le soir, avec des libertins,
Et plus d’une femme agréable,
Je mange mes perdreaux, et je bois les bons vinsDont monsieur d’Aranda vient de garnir ma table ;
Quand, loin des fripons et des sots,
La gaieté, les chansons, les grâces, les bons mots.Ornent les entremets d’un souper délectable ;
Quand, sans regretter mes beaux jours,J’applaudis aux nouveaux amoursDe Cléon et de sa maîtresse,
Et que la charmante amitié,
Seul nœud dont mon cœur est lié,
Me fait oublier ma vieillesse,
Cent plaisirs renaissants réchauffent mes esprits :
Je ris.
Je vois, quoique de loin, les partis, les cabales,
Qui soufflent dans Paris vainement agitéDes inimitiés infernales,
Et versent leur poison sur la société ;
L’infâme calomnie avec perversité
Répand ses ténébreux scandales ;
On me parle souvent du Nord ensanglanté,
D’un roi sage et clément chez lui persécuté,
Qui dans sa royale demeureN’a pu trouver sa sûreté,
Que ses propres sujets poursuivent à toute heure :
Je pleure.