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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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DE LECCLÉSIASTE.

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Laissez parler les cours, et crier le vulgaire b ;

Leur langue est indiscrète, et leurs yeux sont jaloux ;

De leurs suffrages faux dédaignez le salaire :

Dieu vous voit, il suffit ; quil règne seul sur vous.

Lhomme est un vil atome, un point dans létendue c ;Cependant du plus haut des palais étemelsDieu sur notre néant daigne abaisser sa vue :

Cest lui seul quil faut craindre, et non pas les mortels.

NOTES.

* Fanitas vanilatum, et omnia vanitas. Cap. i, v. I. Dixi ego incorde meo : Fadam et affluant deliciis , et fruar bonis, et vidi quod hocquoque esset vanitas. Cap. il, Y. i.

Vanité des vanités, et tout est vanité. Jai dit dans mon cœur : Je vaisme plonger dans les délices, et jai trouvé encore que cela est va-nité.

b Et proposui in animo meo quœrere.... quæ fiunt sub sole.... hancoccupationem pessimam dédit Deus filns hominum. Cap. i, v. 13.

Je me suis proposé dexaminer tout ce qui est sous le soleil, et cestune très-mauvaise occupation.

° Declique cor meum ut sciremprudentiam atque doctrinam, errores-que et stultitiam; et agnovi quod in his quoque esset labor et afflictiospiritus. Cap. n , Y. 7.

Jai voulu connaître la doctrine et les erreurs- et cest une afflictiondesprit.

d Magnijlcavi opéra mea, œdijicavi domos.... Cap. u, v. 4. Possediservosetancillas. Cap. ll,v. 5.

Coacervavi mihi argentum et aurum, et substaniias regum etpro-vinciarum. Feci mihi cantatores ef cantatrices.... Cap. n, v. 8. Fecihortos et pomaria... Cap. n, Y. 5. Et omnia quæ desideraverunt oculimei, non negavi eis.... Cap. n, v. II. Fidi inomnibus vanitatem et af-.fiictionem animi .... Cap. u, v. u. Etidcirco tæduit me vitœ mcœ. Cap.n, v. 17.

Jai entrepris de grandes choses, jai bâti des palais, jai eu des es-claves , jai lait de grands amas dor, jai accumulé les substances desrois et des provinces, jai eu des musiciens et des musiciennes, et jaiplanté des jardins ; je ne me suis refusé aucun désir ; jai reconnu quilny avait que vanité et affliction desprit : la Vie mest devenue insup-portable.

e Rursus detestatus sum omnem industriam meam. Cap. n, Y. 18.JSam cum alius laboret in sapientia et àoctrina... Et hoc ergo vanitas.Cap. H, Y. 21.

Jai regardé ensuite avec détestation mes applications, après avoircherché en vain la doctrine et la sagesse.