DE L’ECCLÉSIASTE.
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Laissez parler les cours, et crier le vulgaire b ;
Leur langue est indiscrète, et leurs yeux sont jaloux ;
De leurs suffrages faux dédaignez le salaire :
Dieu vous voit, il suffit ; qu’il règne seul sur vous.
L’homme est un vil atome, un point dans l’étendue c ;Cependant du plus haut des palais étemelsDieu sur notre néant daigne abaisser sa vue :
C’est lui seul qu’il faut craindre, et non pas les mortels.
NOTES.
* Fanitas vanilatum, et omnia vanitas. Cap. i, v. I. Dixi ego incorde meo : Fadam et affluant deliciis , et fruar bonis, et vidi quod hocquoque esset vanitas. Cap. il, Y. i.
Vanité des vanités, et tout est vanité. J’ai dit dans mon cœur : Je vaisme plonger dans les délices, et j’ai trouvé encore que cela est va-nité.
b Et proposui in animo meo quœrere.... quæ fiunt sub sole.... hancoccupationem pessimam dédit Deus filns hominum. Cap. i, v. 13.
Je me suis proposé d’examiner tout ce qui est sous le soleil, et c’estune très-mauvaise occupation.
° Declique cor meum ut sciremprudentiam atque doctrinam, errores-que et stultitiam; et agnovi quod in his quoque esset labor et afflictiospiritus. Cap. n , Y. 7.
J’ai voulu connaître la doctrine et les erreurs- et c’est une afflictiond’esprit.
d Magnijlcavi opéra mea, œdijicavi domos.... Cap. u, v. 4. Possediservosetancillas. Cap. ll,v. 5.
Coacervavi mihi argentum et aurum, et substaniias regum etpro-vinciarum. Feci mihi cantatores ef cantatrices.... Cap. n, v. 8. Fecihortos et pomaria... Cap. n, Y. 5. Et omnia quæ desideraverunt oculimei, non negavi eis.... Cap. n, v. II. Fidi inomnibus vanitatem et af-.fiictionem animi .... Cap. u, v. u. Etidcirco tæduit me vitœ mcœ. Cap.n, v. 17.
J’ai entrepris de grandes choses, j’ai bâti des palais, j’ai eu des es-claves , j’ai lait de grands amas d’or, j’ai accumulé les substances desrois et des provinces, j’ai eu des musiciens et des musiciennes, et j’aiplanté des jardins ; je ne me suis refusé aucun désir ; j’ai reconnu qu’iln’y avait que vanité et affliction d’esprit : la Vie m’est devenue insup-portable.
e Rursus detestatus sum omnem industriam meam. Cap. n, Y. 18.JSam cum alius laboret in sapientia et àoctrina... Et hoc ergo vanitas.Cap. H, Y. 21.
J’ai regardé ensuite avec détestation mes applications, après avoircherché en vain la doctrine et la sagesse.