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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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STANCES.

Il faut, le soir, un souper délectableOù l’on soit libre , où l’on goûte à proposLes mets exquis, les bons vins, les bons mots;Et sans être ivre il faut sortir de table.

Il faut, la nuit, tenir entre deux drapsLe tendre objet que votre cœur adore,

Le caresser, s’endormir dans ses bras,

Et le matin recommencer encore.

Mes chers amis, avouez que voilàDe quoi passer une assez douce vie :

Or, dès l’instant que j’aimai ma Sylvie,

Sans trop chercher j’ai trouvé tout cela

AU ROI DE PRUSSE.

La mère de la Mort, la Vieillesse pesante,

A de son bras d’airain courbé mon faible corps ;

Et des maux qu’elle entraîne une suite effrayanteDe mon âme immortelle attaque les ressorts.

.le brave tes assauts, redoutable Vieillesse ;

.Te vis auprès d’un sage, et je ne te crains pas :

Il te prêtera plus d’appasQue le plaisir trompeur n’en donne à la jeunesse.

Coulez, mes derniers jours, sans trouble, sans terreur;Coulez près d’un héros dont le mâle génieMe fait goûter en paix le songe de la vie,

Et dépouille la Mort de ce qu’elle a d’horreur.

Ma raison, qu’il éclaire, en est plus intrépide ;

Mes pas par lui guidés en sont plus affermis :

Un mortel que Pallas couvre de son égideNe craint point les dieux ennemis.