STANCES.
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J’aime fort cet arrangement ;
Il est leste et plein de prudence.Plût à Dieu qu’il en fît autantA tous les moines de la France !
A MADAME LULLIN, DE GENÈVE.
A Ferney, le 16 novembre 1773 .
Hé quoi ! vous êtes étonnéeQu’au bout de quatre-vingts hiversMa muse faible et surannéePuisse encor fredonner des vers ?
Quelquefois un peu de verdureHit sous les glaçons de nos champs ;
Elle console la nature,
Mais elle sèche en peu de temps.
Un oiseau peut se faire entendreAprès la saison des beaux jours ;
Mais sa voix n’a plus rien de tendre,
Il ne chante plus ses amours.
Ainsi je touche encor ma lyre,
Qui n’obéit plus à mes doigts ;
Ainsi j’essaie encor ma voixAu moment même qu’elle expire.
« Je veux dans mes derniers adieux,
Disait Tibulle à son amante ,
Attacher mes yeux sur tes yeux,
Te presser de ma main mourante. »
Mais quand on sent qu’on va passer,
Quand l’àme fuit avec la vie,
A-t-on des yeux pour voir Délie,
Et des mains pour la caresser ?
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