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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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POÉSIES MÊLÉES.

Menaçaient la Pologne, et maîtrisaient le sort.

De la France aussitôt, son trône et sa patrie,

La Vertu descendit aux champs de Varsovie.

Mars conduisait ses pas ; Vienne en frémit deffroi :

La Pologne respire en la voyant paraître.

« Peuples nés, lui dit-elle, et pour Mars et pour moi,

De nos mains à jamais recevez votre maître !

Stanislas à linstant vint, parut, et fut roi. «

A M. DE FORCALQUIER,

Qui avait eu ses cheveux coupés par un boulet de canon au siège de Kehl.OCTOBRE 1733.

Des boulets allemands la pesante tempêteA, dit-on, coupé vos cheveux :

Les gens desprit sont fort heureuxQuelle ait respecté votre tête.

On prétend que César, le phénix des guerriers,iVayant plus de cheveux, se coiffa de lauriers :

Cet ornement est beau, mais nest plus de ce monde.

Si César nous était rendu,

Et quen servant Louis il eût été tondu,

11 ny gagnerait rien quune perruque blonde .

A MADAME LA DUCHESSE DE BOUILLON.

Deux Bouillon tour à tour ont brillé dans le mondePar la beauté, le caprice , et lesprit :

Mais la première eût crevé de dépit,

Si, par malheur, elle eût vu la seconde.

A M me LA MARQUISE DU CHATELET,

Lorsquelle apprenait lalgèbre.

Sans doute vous serez célèbrePar les grands calculs de lalgèbre votre esprit est absorbé :