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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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POÉSIES MÊLÉES.

Dit que les biens, les seuls biens de la vie,

Sont le repos, l’aisance, et la santé.

Il s’est mépris : quoi ! dans l’heureux partageDes dons du ciel faits à l’humain séjour,

Ce triste Anglais n’a pas compté l’amour !

Que je le plains ! il n’est heureux ni sage.

A M. BERNARD,

AUTEUR DE I/ART d’AIMER.

LES TROIS BERNARDS.

En ce pays trois Bernards sont connus :

L’un est ce saint, ambitieux reclus,

Prêcheur adroit, fabricateur d’oracles ;

L’autre Bernard est celui de Plutus,

Bien plus grand saint, fesant plus de miracles ;

Et le troisième est l’enfant de Phébus,

Gentil Bernard, dont la muse fécondeDoit faire encor les délices du monde,

Quand des deux saints l’on ne parlera plus.

SIXAIN.

De ces trois Bernards que l’on vante,

Le premier n’a rien qui me tente :

Il dînait mal, et souvent tard ;

Mais mon plaisir serait extrêmeDe dîner chez l’autre Bernard,

Si j’y rencontrais le troisième.

INVITATION AU MÊME.

Au nom du Pinde et de Cythère,

Gentil Bernard, sois avertiQue l’art d’aimer doit samediVenir souper chez l’art de plaire l .

1 Madame la marquise du Châtelet. On sait que Bernard a fait unpoème de l’Art d’aimer. K.