ET IMITATIONS.
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ne pouvait plus résister. Il était accablé de traits. Les décrets de Ju-piter et les illustres archers troyens l’oppressaient. Son casque brillantrendait un son terrible autour de ses tempes; car il était frappé sanscesse sur les clous très-bien arrangés de son casque. Il repoussait lestraits ennemis de l’épaule gauche, tenant toujours d’une main fermeson bouclier; et les Troyens, qui le pressaient, ne pouvaient, àcoups de javelots, le faire remuer de sa place. Il haletait ; la sueurcoulait de tous ses membres, il ne pouvait plus respirer : mal sur malfondait sur lui.
Dites-moi à présent, Muses, habitantes des maisons de l’Olympe,comment le feu prit d’abord aux vaisseaux des Grecs.
Hector, qui était tout auprès, frappa avec sa grande épée la lancede bois de frêne ( la lance d’Ajax), et la coupa juste à l’endroit parlequel le bois tenait à la hampe. Ajax Télamon empoigna alors inutile-ment sa pique mutilée. La hampe d’airain était tombée à terre loimdelui, en retentissant.
Ajax, d’un esprit éclairé, reconnut l’ouvrage des dieux ; et commeJupiter, foudroyant d’en haut, renversait tous les desseins des Grecsdans la bataille, et décernait la victoire aux Troyens, il se retira doncdelà mêlée; et les Troyens jetèrent de tous côtés des feux sur lesvaisseaux agiles; et la flamme inextinguible s’étendit soudain partout,car le feu environna la poupe.
Alors Achille, s’étant frappé les cuisses, parla ainsi : « Hâte-loi,illustre Palroele, dompteur de chevaux ; car je vois sur les vaisseauxl’impétuosité d’un feu ennemi : crains que les flammes ne les embra-sent tous, et qu’il n’y ait plus ensuite moyen de s’enfuir. Prends lesarmes incessamment; et moi j’assemblerai les troupes. »
Il parla ainsi, et Patrocle s’arma d’un brillant airain. Il mit d’abordles bottines autour de ses belles jambes. Ensuite il attacha autour desa poitrine la cuirasse du prompt Achille, peinte de couleurs diverses,et semée d’étoiles. Il pendit à ses épaules l’épée d’airain enrichie declous d’argent, et le bouclier vaste et solide. Il mit sur sa forte tête lecasque bien battu, dont l’aigrette était de crins de cheval ; et une crêteterrible flottait au-dessus d’eux. Il mit dans ses mains deux forts ja-velots carrés, propres pour elles. Il ne prit point la lance du brillantAchille, grande, pesante, forte, qu’aucun autre des Grecs ne putmanier, et que le seul Achille sut lancer. C’était un bois de frênepéliaque, que Chiron avait donné à Pélée, père d’Achille, coupé sur•e haut du mont Pélion, pour donner un jour la mort aux héros.