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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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TRADUCTIONS

Vous dont je suis jaloux, vous moins brillantes quelle,Fleurs, quelle embellissait quand vous touchiez son sein ;Rossignol, dont la voix est moins douce et moins belle ;Air devenu plus pur; adorable séjour,

Immortalisé par ses charmes ;

Douce clarté des nuits, que je préfère au jour,

Lieux dangereux et chers, de ses tendres armesLAmour a blessé tous mes sens :

Écoutez mes derniers accents,

Recevez mes dernières larmes.

POPE.

Umbriel à linstant, vieux gnome rechigné ,

Va, dune aile pesante et dun air refrogné,

Chercher en murmurant la caverne profonde

, loin des doux rayons que répand lœil du monde,

La Déesse aux Vapeurs a choisi son séjour.

Les tristes aquilons y sifflent à lentour,

Et le souffle malsain de leur aride haleineY porte aux environs la fièvre et la migraine.

Sur un riche sofa, derrière un paravent,

Loin des flambeaux, du bruit, des parleurs, et du vent,La quinteuse déesse incessamment repose,

Le cœur gros de chagrin, sans en savoir la cause ;Nayant pensé jamais, lesprit toujours troublé,

Lœil chargé, le teint pâle, et lhypocondre enflé.

La médisante Envie est assise auprès delle ,

Vieux spectre féminin, décrépite pucelle,

Avec un air dévot déchirant son prochain,

Et chansonnanl les gens, lÉvangile à la main.

Sur un lit plein de fleurs, négligemment penchée ,

Une jeune beauté non loin delle est couchée :

Cest lAffectation, qui grasseye en parlant,

Écoute sans entendre, et lorgne en regardant ;