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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ET IMITATIONS.

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SÉNÈQUE.

Sois sans crainte et sans espérance,Que ton sort ne te trouble pas.

Que devient-on dans le trépas ?

Ce qu’on fut avant sa naissance.

Rien n’est après la mort ; la mort même n’est rien...Après la vie où pourrai-je être?

Où j’étais avant que de naître.

Le palais de Pluton, son portier à trois têtes,

Les couleuvres d’enfer à mordre toujours prêtes,Le Styx, le Phlégéton, sont des contes d’enfants,Des songes importuns, des mots vides de sens.

SHAKESPEARE.

Demeure : il faut choisir, et passer à l’instantDe la vie à la mort, et de l’être au néant :

Dieux cruels, s’il en est, éclairez mon courage.

Faut-il vieillir courbé sous la main qui m’outrage ;Supporter ou finir mon malheur et mon sort ?

Qui suis-je, qui m’arrête ? et qu’est-ce que la mort ?C’est la fin de nos maux , c’est mon unique asile ;

Après de longs transports, c’est un sommeil tranquillo :On s’endort, et tout meurt. Mais un affreux réveilDoit succéder peut-être aux douceurs du sommeil.

On nous menace ; on dit que cette courte vieDe tourments éternels est aussitôt suivie.

O mort! moment fatal ! affreuse éternité !