38o CON
Comme on lui refusait l’entrée, il se fit con-naître. L’auteur de ce livre ne veut pas sefaire connaître, Nè veut pas se nommer. On(lit en des sens analogues : Faire connaîtrequi on est. Ne vouloir pas être connu. Etc.
Se faire connaître, signifie aussi, Faire oudire quelque chose qui décèle les disposi-tions, les qualités bonnes ou mauvaises quel’on a. Caton se fit connaître de bonne heurepar son amour pour la liberté. Il s’est fait con-naître avantageusement.
Fam., Je ne connais que cela, se dit enparlant D’une chose qui ne peut être élu-dée, ou qu’on ne doit pas balancer à faire.Il faut que vous obéissiez, je ne connais quecela. Il résiste, chdtiez-le, je ne connais quecela. On dit à peu près de même, Je ne con-nais qu’une chose, c’est d'agir franchement,c’est d'être sévère, etc.
Ne connaître que son devoir, que la règle,que la loi, etc., Ne point s’écarter de sondevoir, de la loi, de la règle, etc., quellesque soient les circonstances où l’on se trouve,et les personnes avec lesquelles on a af-faire.
Ne connaître que ses intérêts, etc., Neconsidérer, n’avoir en vue que ses intérêts,etc.
Connaître, se dit aussi en parlant Deschoses qu’on a étudiées, dont on a unegrande pratique, un grand usage, aux-quelles on s’entend bien. Il voudrait toutconnaître. Connaître une langue, une science,un art. Connaître à fond. C’est un hommequi connaît bien la guerre. C’est un bon offi-cier de marine, il connaît très-bien la mer.Connaître les bons livres, les pierreries, lestableaux, etc. Ce naturaliste connaît bien lesplantes, les animaux, etc. Je ne parle pointde ce que je ne connais pas. Il connaît lesruses du métier. Il a connu tous les secretsdu style. Ce que l’expérience nous apprend àconnaître. Connaître ses intérêts. Connaître sesdevoirs.
Il se dit, dans un sens analogue, en par-lant Des personnes. Je connais bien cet hom-me, et je peux compter sur lui. Je le connaispour ce qu’il est. Il a trompé bien du monde,on ne le connaissait pas. Je saurai bien le faireconnaître et le démasquer. Cet homme gagneà être connu. Je le connais incapable de men-tir. Je connais votre cœur. Vous me con-naissez mal, si vous mattribuez de tellesintentions. Que vous connrdssez peu les hom-mes! C'est un homme qui connaît bien lemomie.
Il se dit quelquefois absolument, dans lesens de S’instruire, s’éclairer. Le désir deconnaître.
11 s emploie aussi avec le pronom person-nel, et signifie, Prendre une juste idée desoi-même, de ses forces, de sa dignité, etc.
. Connais-toi toi-même,* est une des plus bellesmaximes de la philosophie ancienne. Je meconnais, à sa vue il me serait impossible deme contenir. Apprenez à mieux vous connaî-tre, et ne craignez point de si faibles rivaux.Un homme sage et qui sait se connaître.
Il ne se connaît point, L’orgueil lui faitoublier ce qu’il est.
Se connaître à quelque chose, en quelquechose, Savoir en bien juger. Il se connaît enmérite, en/mésie. Il se connaît en pierreries,en tableaux. Vous connaissez-vous à cela? Je
CON
m ’y connais mieux que vous. Ilne s’y connaîtpoint du tout.
Connaître, signifie en outre, Avoir desliaisons, des relations avec quelqu’un. Con-naissez-vous quelqu’un de mes juges? Je n’enconnais pas un. Il connaît tout le monde. Jevous le Jèrai connaître. Je ne connais point cethomme-là, ni ne veux le connaître.
Il s’emploie dans le même sens commeverbe réciproque. Nous nous connaissonsdepuis longtemps.
En termes de l’Écriture sainte, Connaîtreune femme, ta connaître charnellement,Avoir avec elle un commerce charnel.
Connaître, signifie quelquefois, Discer-ner les objets, les distinguer, les reconnaî-tre. Je ne l'td vu qu'une fois, mais je leconnaîtrais entre mille. Il me connut à lavoix, à la démarche. La nuit était si noire,qu'on ne pouvait connaître personne. Son styleest rusé à connaître.
Connaître, signifie encore, Sentir,éprouver ; et il se dit tant au sens physiquequ’au sens moral. On ne connaît point l'hiverà la Martinique. Vous êtes heureux de n’avoirjamais connu le mal de dents, le mal de tête.Les anciens n’ont point connu, ne connais-saient point la petite vérole. Il ne connais-sait plus te sommeil. Connaître le plaisir, lesplaisirs. Il n’a jamais connu la haine, la ja-lousie, etc. Son cœur allait bientôt connaîtrel’amour. Il ne connaît point la crainte. J’aiconnu l’infortune. Un peuple qui n'a jamaisconnu l’esclavage.
Il signifie aussi, Pratiquer une chose,l’admettre, s’y conformer, s’y soumettre ;et, dans ce sens, il se joint ordinairementavec la négation. En Angleterre, on ne con-naît point la loi salique. Cet usage n’est pointconnu dans tel pays. Ce peuple ne connaîtpoint les raffinements du luxe. Sa bouche n ’ajamais connu l’imposture. Il ne connaît pointces vains ménagements. Sa rage ne connutplus de frein. Sa charité ne connaît point debornes. On dit dans un sens analogue, Cecheval connaît la bride, les éperons, etc.
Ne point connaître de supérieur, de maître,N’avoir point de supérieur, de maître, ouPrétendre n’en point avoir, et ne vouloirpas obéir. On dit de même : Je ne, connaisde maître que vous, que lui, etc. Je ne connaisici d'autre maître que moi. Etc.
Il ne connaît plus rien, Sa passion le do-mine tellement, qu’aucune considérationn’est es " de l’arrêter. Sa fureur ne con-naît plus rien.
Connaître, signifie aussi, Avoir auto-rité pour juger de certaines matières. Ence sens, il se construit toujours avec de ouun équivalent. Ce juge connaît des matièresciviles et criminelles. Il en connaît en premièreinstance. Il en connaît par appel. Il ne peutpas connaître de cela.
Connu, ue. participe. Le monde connu.Le plus grand des animaux connus. Il n’y arien de si connu. C’est un homme connu. Ilest connu par son mérite. Ce nom m’estconnu.
Il se dit substantivement et absolumentDes choses que l’on connaît, par oppositionà celles qu’on ignore. Pour procéder métho-diquement, il faut aller du connu à l'in-connu.
CONNE, EE. adj. (On fait sentir les deux
CON
N.) T. de Botan. Il se dit De deux partiessemblables qui naissent réunies. Les feuillesde plusieurs chèvrefeuilles sont cannées.
CONNÉTABLE, s. m. On appelait ainsi,en France, Le premier officier militaire dela couronne, qui avait le commandementgénéral des armées. Le connétable de France.La charge de connétable. Le roi le fit conné-table, lui donna l’épée de connétable.
Connétable , est aussi Un titre de dignitéqui se donne, en d’autres royaumes, à quel-ques personnes de qualité, dans la maisondesquelles il est héréditaire. Ainsi en Es-pagne il y a un Connétable de Castille, unConnétable de Navarre; et à Rome l’aîné dela maison Colonne s’appelle Le connétable,comme étant Connétable héréditaire du royau-me de Naples.
Connétable, est aussi substantif féminin,lorsqu’on parle de La femme d’un conné-table. Madame la connétable.
CONNÉTABLIE. s. f. On appelait autre-fois ainsi La juridiction des maréchaux deFrance sur les gens de guerre, et sur ce quiregardait la guerre, tant au civil qu’au cri-minel. Le siège de ta connétablie était à Paris.Lieutenant de la connétablie. Archer de laconnétablie.
Il s’est dit aussi de La juridiction desmaréchaux de France, pour les affaires quiregardaient le point d'honneur. La connéla-blie se tenait ordinairement chez le doyen desmaréchaux de France, comme représentant leconnétable.
CONNEXE, adj. des deux genres. T. dePalais. Il se dit Des affaires qui ont unecertaine liaison les unes avec les autres.Affaires, matières connexes. Délits connexes.Cette cause est connexe à telle autre.
CONNEXION, s. f. Liaison que certaineschoses ont les unes avec les autres. On nevoit pas la connexion de ces deux idées, deces deux propositions. Il n existe aucune con-nexion entre ces principes et les conséquen-ces qu’on en tire.
CONNEXITÉ, s. f. Rapport aperçu entredeux ou plusieurs choses; disposition réci-proque qu’ont certaines choses a être jointes.Il y a une grande connexité entre la moraleet la jurisprudence. Il n'y a point connexde,entre ces deux affaires, entre ces deux cau-ses.
CONNIVENCE, s. f. Complicité par tôle*rance et dissimulation d’un mal qu’on doitou qu’on peut empêcher. Connivence mani-feste. Im connivence du magistrat, des juges-La connivence du père a été cause du désordrede ses enfants. . . ,
Il se prend quelquefois pour Complic* te -Us étaient de connivence ensemble pour, etc-Agir de connivence.
CONNIVENT , ENTE. adj. T. de BotamIl se dit Des parties d’une plante qui tendent à se rapprocher. Anthères connivenFeuilles conniventes. Calice conmvent, Doles divisions sont conniventes. .
CONNIVEH. v. n. Participer, en dissilant, à un mal qu’on peut et qu onempêcher. Un juge qui connive aux conc tsiens d’un greffier, qui connive avec un g Jfier. Il ne voulut pas se déclarer ouvertetne ^mais il connivait avec lui. Un percepteur ereceveur qui connivent ensemble. Un pet t /
connive aux débauches de ses enfants.