Band 
Tome premier.
Seite
511
JPEG-Download
 

DEN

Prov. et fig., Vendre quelqu'un à beauxdeniers comptants, Le trahir par intérêt.On dit dans un sens moins odieux, Il levendrait à beaux deniers comptants. Il estbeaucoup plus lin, plus rusé que lui.

Denier, signifie aussi, La partie d’unesomme, d’un capital quelconque, d’un re-venu, etc., qui est prélevée au profit dequelqu’un. Les lotis et ventes de telle terreétaient au douzième denier. Le dixième denierde toute prise maritime était dil à l'amiral.Payer à l’État le quinzième denier de son re-venu, ou simplement, le quinzième denier.Ce sens vieillit : on dit simplement aujour-d’hui, Le dixième, le quinzième, etc.

II se dit particulièrement de L’intérêt d’unesomme principale, comme dans cette phrase,Placer son argent au denier vingt, au deniervingt-cinq, etc., Le donner à rente pourl’intérêt annuel d’un vingtième, d’un vingt-cinquième, etc., c'csl-a-dire, à cinq pourCent, à quatre pour cent, etc. I.es rentes deI hôtel de ville avaient été d'abord constituéessur le pied du denier douze, ensuite elles fu-sant mises au denier seize, au denier vingt,uu denier quarante, etc. On réduisit les ren-,e s à tel denier. Ce sens a vieilli : on Rem-ploie guère maintenant que les locutions,■* quatre pour cent, à cinq pour cent, à sixpour cent, etc.

Le denier de Pordonnance, le denier du roi,se disait autrefois Du taux auquel il étaitPermis par l’ordonnance du roi de mettreson argent à rente, ou auquel s’estimaientles intérêts qui étaient adjugés. On dit main-tenant, Le taux légal.

Denier fort. Taux qui excède le taux or-oinaire des iutérêts.

Vendre une chose au denier vingt, au de-nier trente, au denier quarante, etc., LaVendre pour un prix établi d’après la sup-position que le revenu ou le produit annuelOe cette chose est le vingtième, le trentième,*te., de sa valeur. // s’est défait très-avanta-fcusement de sa terre : il l'a vendue au denierr *nte, ait denier quarante. On dit dans un* ens analogue, Estimer au denier trente, auenter quarante, etc.

•Jsnier, se Jit encore d’Une certaine partl u °n a dans une affaire, dans un traité, àj'coportion de laquelle on partage le gain. perte, et qui est ordinairement letuievne d’un vingtième. Il avait un denier#** n deux-cent-quarantième), deux deniersn cent-vingtième) dans telle ferme. Ce nè-,n " 1 a s >x deniers (un quarantième) dans" r nicment. Ce sens a également vieilli.

On *1’ <rme3 de Monnayage, Denier de poids,tre • olnroent, Denier, La sept cent qua-ou J- n 8 t *cinquièine partie du kilogramme,den 'H^'inatre grains. Il y a vingt-quatreJevs dans une once.

1 ' e té < rT*r ^ fin ou de toi, Le degré de pu-f Un 'argent. Connaître le denier de finterne* f’T** '}‘ un lingot. Il se dit nlus exac-te,^’ 1 | Chacune des parties de fin con-que g ’ an J une quantité d’argent quelcon-PsctiesT * ° n su PI ,,we partagée en douzeabsoh? ^ a l es > et alors on l’emploie souventgent à L'argent pur s'appelle de l'ar-P'trtte m°n Ze deniers; s’il y a une douzième«T***. O, "Re, il s'appelle de Pargent à onzedenier* n évalue la bonté de l’argent par’ rt celle de l’or par carats.

DEN

DÉNIGREMENT, s. m. Action de déni-grer. Vous en parlez avec trop de dénigre-ment. Terme de dénigrement. Ce mot ne s'em-ploie guère que par dénigrement.

DÉNIGRER, v. a. Tenir un langage quitend à atténuer, à détruire la bonne opi-nion que les autres ont de quelqu’un, àdépriser la qualité, la valeur de quelquechose. Il ne parla de cet homme que pour ledénigrer. On n’est que trop porté à dénigrer lecaractère d'un ennemi. Dénigrer les ouvragesde quelqu'un.

Dénigré, ée. participe.

DÉNOMBREMENT, s. m. Compte de per-sonnes. Il ne se dit guère qu’en parlantD’un nombre considérable. Tous les cinqans on faisait à Rome le dénombrement descitoyens. Homère, dans le second chant del'Iliade, fait le dénombrement des Grecs quiétaient au siège de Troie.

Il se dit quelquefois en parlant Des cho-ses. Le dénombrement des vaisseaux qui com-posaient cette flotte.

Dénombrement, se disait autrefois de Ladéclaration détaillée qu’un vassal donnait àson seigneur de tout ce qu’il tenait de luien fief. Donner un aveu et dénombrement d'uneterre. Donner par aveu et dénombrement...

DÉNOMBRER, v. a. Faire un dénombre-ment. On a dénombré tous les habitants decette paroisse. Il est maintenant peu usité.

Dénombré, éb. participe.

DÉNOMINATEUR, s. m. T. d’Arithm.C’est, des deux nombres qui exprimentune fraction, Celui qui s’écrit au-dessous del’autre, et qui marque en combien de par-ties on suppose l’unité divisée. Dans lafraction â, 4 est le dénominateur. Réduiredeux fractions au même dénominateur.

DÉNOMINATIF, IVE. adj. Qui sert ànommer. Un terme dénominatif.

DÉNOMINATION, s. f. Désignation d’unepersonne ou d’une chose par un nom qui enexprime ordinairement l’état, l’espèce, laqualité, etc. Donner à quelqu'un une déno-mination flétrissante. Dans les arts et dans tessciences, il nefaut rien changer sans nécessitéaux dénominations reçues. Les choses pren-nent leur dénomination de ce qu elles ont deplus remarquable ou de plus essentiel.

En Arithm., Réduire des fractions à mêmedénomination, Leur donner le même déno-minateur.

DÉNOMMER, v. a. T. de Pratique. Nom-mer une personne dans un acte. Il fautdénommer toutes les parties dans un contrat,dans un arrêt. Il n'est pas dénommé dansl^icte.

Dénommé, ée. participe.

DÉNONCER, v. a. Déclarer, publier. Dé-noncer la guerre. Dénoncer la fin de l’armis-tice, ou cl iiptiqueincn t, Dénoncer l’armistice.

Dénoncer un excommunié, dénoncer quel-qu'un pour excommunié, Déclarer publi-quement, selon les formes ecclésiastiques,nue telle personne a encouru la peine del’excommunication.

Dénoncer, signifie particulièrement, Dé-férer, signaler a la justice, à l’autorité, àun supérieur. Dénoncer un coupable. Dé-noncer quelqu'un au magistrat. Il le dénonçasecrètement. Dénoncer un crime. Im loi obligedans certains cas à dénoncer le crime, ouabsolument, à dénoncer. Faire métier de dé-

DEN 5ii

noncer. Dénoncer un livre, une propositioncomme hérétique.

11 signifie, en Jurisprudence, Faire con-naître extrajudiciairenient quelque chose àquelqu’un. Dénoncer une opposition, unesaisie. Dénoncer une usurpation.

Dénoncé, ée. participe.

DÉNONCIATEUR, TRICE. s. Celui, cellequi dénonce, qui accuse. Se rendre dénoncia-teur. Il voulut connaître ses dénonciateurs.Elle se fit la dénonciatrice de ses bienfaiteurs.

DÉNONCIATION, s. f. Déclaration, pu-blication. Dénonciation de guerre.

Il signifie aussi, Délation, accusation. Ledénonciateur eut tant pour le prix de sa dé-nonciation. Signer une dénonciation.

Il se dit, en Jurisprudence, de Toute si-gnification extrajudiciaire. Dénonciation àdes tiers. La dénonciation d'une usurpation ,.faite par Iusufruitier au propriétaire.

Dénonciation de nouvel œuvre. Action pos-sessoire par laquelle on s’oppose à la conti-nuation d’une entreprise dont on a lieu decraindre quelque préjudice, comme uneconstruction, un agrandissement, etc.

DÉNOTATION, s. f. Désignation d’unechose par certains signes. 11 est vieux.

DÉNOTER, v. a. Désigner. Il n’est pasnommé; mais il est si bien dénoté, qu’on tereconnaît aisément.

Il signifie aussi, Marquer, indiquer. Celadénote un naturel pervers. Rien ne semble dé-noter qu’il soit attaqué de cette maladie.

Dénoté, éb. participe.

DENOUER, v. a. Défaire ce qui forme unnœud, ce qui esmoué, ou ce qui est retenupar un nœud. Dénouer un ruban. Dénouerdes cordons. Dénouer sa ceinture. Cela estnoué si fort, qu’on ne saurait le dénouer. Onl’emploie aussi avec le pronom personnel.Ce ruban s’est dénoué. Votre ceinture se dé-noue.

Il signifie figurément, Rendre plus sou-ple, plus agile. Les exercices, la chasse, ladanse, l'escrime, dénouent le corps, tes mem-bres. On l’emploie également, dans ce sens,avec le pronom personnel. Les jambes de cecheval se sont bien dénouées. Les chevaux na-politains ne se dénouent qu’à six ou sept ans.Ce jeune homme était lourd, pesant, mais ilcommence à se dénouer.

Fig. et fam., Dénouer la langue, Fairerompre le silence à quelqu’un qui voulaitle garder. Il faisait le discret, mais l'appâtdu gain lui a dénoué la langue. Avec le pro-nom personnel, Sa langue s'est dénouée à lafin.

Cet enfant se dénoue, il commence à se dé-nouer, Les parties de son corps qui étaientnouées commencent à se dégager, à prendrela forme, 1 étendue elle jeu qu’elles doiventavoir.

Df.nouer, signifie encore figurément,Démêler, développer; et il se dit principa-lement en parlant Du nœud, de l’intrigued’une pièce de théâtre. Dénouer heureuse-ment uue comédie. Ce poète a bien dénouél’intrigue de sa pièce. Il s’emploie aussi, dansce sens, avec le pronom personnel. L'intri-gue de cette pièce se dénoue fort bien.

Dénoué, ée. participe.

DÉNUÉ MENT. s. m. (Quelques-uns écri-vent, Dénouement.') Action de dénouer.Il n’est guère d’usage qu’au figuré, et signi-