164 PARTIE 1. - PÉRIODE I.
prendre la nature de leurs constitutions politi-ques, et rendrait raison de l’imperfection danslaquelle la plupart des arts mécaniques restèrent,même chez les Grecs et les Romains. Dans lemoyen âge, la servitude de la majeure partiedu peuple, l’indépendance des propriétaires ter-riens , la nullité du pouvoir royal, offraient unordre de choses plus vicieux encore, et mena-çaient de naturaliser dans tous les pays les mauxde l’anarchie et du despotisme. La naissance desvilles sauva l’Europe, fit prendre à la civilisa-tion une marche plus sûre, et étendit ses bien-faits aux individus de toutes les classes. Il seforma dans chaque contrée une pépinière d’hom-mes libres et industrieux, qui exercèrent les artset les professions utiles. Des villes, véritableberceau de la liberté civile, elle se répandit dansles campagnes, affranchit insensiblement leslaboureurs, leur procura des propriétés et leurassura la garantie de la justice. Le tiers-état vintse placer dans les assemblées de la nation, aprèsla noblesse et le clergé, mais à côté de ces or-dres puissants. Le travail avait amené le bien-être ; le bien-être multiplia le travail. Il avaitfallu créer une sorte d’ordre social pour fairenaître l’industrie ; à mesure quelle fit des pro-grès, elle conduisit à perfectionner l’ordre so-