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Tome premier.
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CHAPITRE I. I()9

donna le degré de finesse nécessaire pour trou-ver la vérité dans une époque plus heureuse.Guillaume de Champeaux, le célèbre et malheu-reux Abailard et Thomas d’Aquin, les héros dela philosophie scolastique, ne furent que sub-tils ; mais ils préparèrent des succès aux espritsjustes et profonds qui les suivirent, et qui lesont fait oublier.

La gloire dont jouissaient les écoles et lesacadémies des Arabes, donna aux souverains del’Europe le désir de la partager. Pendant plu-sieurs siècles, on n’avait eu d’autres écoles quecelles qui avaient été fondées par Charlemagne,et qu’il avait attachées aux églises et aux cou-vents. Déjà elles ne pouvaient plus suffire âunombre de ceux qui voulaient étudier, ni à lanature de leurs besoins. De nouvelles écoles seformèrent à Salerne et à Montpellier pour lamédecine, à Bologne pour le droit, à Paris pourla philosophie. Bientôt elles se multiplièrenttellement, et l’affluence des étudiants y fut sigrande, qu’il fallut songer à un mode d’organi-sation qui prévînt les désordres dont on étaitmenacé. On ne connaissait rien de mieux queles corporations : il y en avait pour tous les ob-jets , on en créa aussi pour le savoir. Les écolesse réunirent, et l’université de Paris prit nais-