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Tome premier.
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CHAPITRE II.

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jurer, par un mouvement généreux, les mal-heurs qui les menaçaient. Ces hommes simpleset purs, éclairés par un sens droit, d’un carac-tère énergique et ferme, étrangers à l’avidité, àl’ambition, à la gloire et à l’amour des innova-tions, ne s’étaient proposé, dans leurs assem-blées nocturnes sur le Grütli (*'), que de trans-mettre à leurs enfants le mode d’existence qu’ilsavaient reçu de leurs pères : leurs vues ne s’é-tendaient pas plus loin; ils n’avaient pas penséà opérer une révolution, mais ils voulaientpunir leurs oppresseurs, et conserver, dans leurintégrité, leurs formes et leurs lois politiques,que les suppôts d’Albert foulaient aux pieds.Les avoyers autrichiens furent chassés du pays.Gessler, le plus coupable d’entr’eux, périt at-teint par la flèche d’un jeune helvétien, Guil-laume Tell, qui, par un même coup, vengeaitses injures personnelles et celles de son «pays.Après l’expulsion des avoyers, les libérateursde la Suisse jurèrent de respecter les propriétéset les droits de l’Autriche comme les leurs; etles cantons d’Uri, de Schwitz et d’Underwald,

(*) Le Grütli est une prairie baignée par le lac de Lu-cerne , qu’on peut regarder comme le berceau de la libertéhelvétique.

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