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Tome premier.
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CHAPITRE II. •ïi']

sant. Elle n’imaginait pas même les dangers quila menaçaient de la part de la France, et vivait,à cet égard, dans une sécurité profonde. Maiselle redoutait les progrès des Turcs, observaitd’un œil attentif leurs entreprises, et s’alarmaitde leurs victoires.

Cette horde de Curdes, long-temps faible etobscure, était devenue une nation formidableet célèbre. Elle était partie de l’est de la merCaspienne pour se précipiter sur les provincesde l’Asie mineure ; ses forces avaient augmentéen raison de ses succès, et ses projets s’étaientétendus avec ses moyens. C’était sur les débrisde la puissance des Seldjoukes qu’elle avait élevéla sienne. Les conquêtes des Tartares Mongous,sous les ordres de Gengis-Khan, leur avaientfrayé la route, et aplani tous les obstacles quiauraient pu les arrêter. Osman, qui leur a donnéson nom, avait remporté ses premières victoiresà la fin du treizième siècle. Depuis cette époque,leurs succès avaient été rapides, brillants, pro-digieux. Orchan, fils d’Osman, créa un corpsd’infanterie dans un temps où elle était à peineconnue en Europe, et introduisit la paie parmises troupes. Murad I avait perfectionné cetteinstitution, en formant les Janissaires, milicenombreuse, composée de l’élite des prisonniers

La Tur-quie.

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