CHAPITRE V.
existence que le crime avait remplie d’une ma-nière digne de lui. Le ciel permit que le poisonqu’il préparait pour d’autres, délivrât la terred’un monstre qui déshonorait l’espèce humaine.César Borgia, qui, depuis la réconciliation deson père avec Louis XII, était sur de l’impunité,avait fait aux villes et aux petits souverains dela Romagne une guerre cruelle, marquée pardes forfaits de tout genre, et avait employé, poursoumettre quelques arpents de terre, plus detrahisons, de perfidies , de scélératesse, que lesconquérants les plus féroces n’en ont employépour soumetre une grande partie du globe.Borgia, qui partageant le dernier crime de sonpère, aurait dû partager son sort, échappa àla mort par la force de sa constitution et parl’activité d’un contre-poison pris sur-le-champ ;mais il avait perdu ses espérances ambitieuses, etse trouvait avoir travaillé pour d’autres. Trompépar Gonzalve de Cordoue, envoyé prisonnier enEspagne, et trouvant le moyen de sortir de sacaptivité, il souleva la Navarre contre l’Espagne,et mourut en brave, les armes à la main, aprèsavoir vécu en lâche.
A son père succéda sur le trône pontifical,par les intrigues du cardinal de la Rovère, quivoulait écarter d’Amboise et se frayer à lui-même
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