322 PARTIE I. - PÉRI OU E I.
marche ne fait qu’augmenter la fureur de Jules,et hâte l’exécution de ses desseins. Sûr du se-cours de Ferdinand-le-Catholique et de celuides Suisses, à qui le dépit avait mis les armes àla main, et qui, irrités de ce que Louis avaitrefusé d’augmenter leurs pensions, étaient déjàentrés en ennemis dans le Milariez, le pontiferenforce la censure qu’il avait déjà publiée con-i5io. tre Louis, et enveloppe dans la même condam-nation l’armée française et son général. Le roide France ne craint ni ses menaces ni ses fou-dres; le temps où Rome détrônait les rois etsoulevait les peuples n’existe plus : les souve-rains connaissent mieux leurs droits, et les peu-ples leurs devoirs. Aussi Jules emploie-t-il d’au-tres armes contre la France : il forme avecl’Espagne, les Suisses et Venise une ligue qu’ilnomme sainte, et où tout est également impie,parce que tout y est immoral ; la guerre qu’elleenfante est l’ouvrage de l’ambition et de l’inté-rêt, qui, se couvrant du manteau de la reli-gion, allument le fanatisme pour faire des du-pes et des victimes.
Louis, en prévenant le pape de vitesse, auraitpu, avec les troupes qu’il avait en Italie, porterla terreur dans les murs de Rome, et étoufferdans son foyer et dans son principe une guerre