326 PARTIE I. - PÉRIODE I.
française à Gaston de Foix, son neveu. Ce jeunehomme n’avait que vingt-deux ans, mais sespremiers pas dans la carrière militaire avaientété des victoires; il réunissait à toutes les qua-lités brillantes de son âge, ce coup-d’œil dugénie qui devance l’expérience, et cette acti-vité de feu qui multiplie les forces par la vi-tesse; il était le plus brave chevalier de sonarmée, et la voix unanime le disait en être leplus beau. Tous ces dons de la nature, relevésaux yeux des soldats par sa haute naissance, salibéralité, des manières à la fois populaires etnobles, l’avaient rendu l’idole de l’armée ; ilpouvait tout obtenir d’elle, parce qu’il lui per-suadait qu’elle était capable de tout, et que sesordres étaient donnés avec la confiance dusuccès. Ce jeune héros oblige les Suisses à seretirer et à repasser leurs montagnes; de là, ilmarche sur Bologne, assiégée par l’armée del’union ; il est entré dans la ville avec un corpsde troupes considérables, sans que les ennemiss’en doutent; ils l’apprennent de la bouche d’unprisonnier, et lèvent le siège; c’était au milieude l’hiver, les chemins étaient dégradés, letemps horrible. Gaston laisse à peine reposerson armée; il marche sur Brescia, éloignée deBologne de quarante lieues; il arrive après