CHAPITRE IX.
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liers , et en les immolant tous à l’intérêt général,ce grand homme commandait l’admiration. LesEspagnols ne pouvaient pardonner à Charlesd’avoir, par ses dédains, hâté la mort d’un vieil-lard qui avait su tout supporter excepté l’ingra-titude de son maître, et d’avoir même refuséde voir le ministre habile qui lui remettait unroyaume florissant; qui avait obtenu la confianced’Isabelle, forcé celle de Ferdinand, humiliél’orgueil des grands, protégé les faibles, conquisOran à ses dépens, gouverné, défendu et en-richi son pays. D’ailleurs , Charles, en paraissantdésavouer les principes d’administration du car-dinal , en suivait d’autres qui étaient de natureà faire regretter les premiers. Né et élevé enFlandre, ses habitudes et ses mœurs contras-taient avec celles des Espagnols. Sa gaieté, quin’était rien moins qu’excessive, paraissait telleaux yeux de ce peuple grave et concentré. Onne voyait en lui qu’un étranger qui ne pouvait,ou ne voulait pas se conformer au ton et auxusages de la nation ; les ministres flamands neparaissaient l’avoir accompagné que pour s’en-richir et s’élever aux dépens des naturels dupays. Charles, lui-même, semblait n’être venuque pour demander de l’argent, qui lui servît àréaliser des projets d’ambition contraires, ou du