CHAPITRE IX.
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ce qu’elles appellent leurs droits. Les villes de-mandent hautement de nouvelles formes muni-cipales, la réduction des domaines de la cou-ronne, l’abolition des immunités pécuniaires dela noblesse, et veulent placer sur le trône lamère de Charles, l’infortunée Jeanne, à qui lamort de son époux a fait perdre la raison, etqui, livrée à une mélancolie profonde, ensevelitsa douleur dans les murs de Tordesillas. A leurtète sont Antonio d’Acugna, évêque de Zamora,prêtre plus ambitieux que fanatique, et DonPedre Giron, dont les talents, et peut-être mêmele zèle, ne répondent pas au vœu des insurgés.Les uns n’ont qu’un but louable, et s’égarentdans le choix des moyens; d’autres couvrent dumasque de la justice et du bien public, leur avi-dité, leur orgueil, les vengeances de la vanité etde la haine. Le désordre s’accroît, les rebelless’emparent de Tolède; leurs vues s’étendent avecleurs succès ; bientôt leur langage change, et ilsne voient plus la liberté que dans les formesrépublicaines. Déjà Jean de Padilla, jeune gen-tilhomme plein d’idées hardies, de courage etde dévouement à la cause qu’il défend, et safemme Marie de Pacheco, brûlante d’enthou-siasme pour la liberté et capable de lui faire lesplus grands sacrifices, ont remplacé Don Pedre