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Tome premier.
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s’explique facilement : Charles était moins ab-solu dans ses états, moins riche, moins brave,et moins aimé de ses soldats; mais Charles sa-vait choisir et ménager ses serviteurs. Françoisétait gouverné par sa mère et ses maîtresses, quilui faisaient épouser leurs prédilections et leurshaines; et toujours dupe ou victime de leurspréventions, il donnait et ôtait les commande-ments les plus importants au gré de leurs ca-prices. Louise de Savoie sacrifia Lautrec à sonavarice et à la haine qu’elle portait à sa sœur,madame de Châteaubriant. Irritée contre le con-nétable , parce qu’il lui préférait la maîtresse duroi, elle le força à des partis extrêmes, et l’armacontre la France. Bonivet ne dut sa faveur, etla France les mauvais services qu’il lui rendit,qu’à l’attachement que Louise avait pour lui.Dans la dernière guerre que François fit àCharles, la duchesse d’Etampes, qu’il aimait àcette époque, trahit le secret de l’état, et livrales magasins de l’armée, pour enlever l’honneurde la campagne au dauphin qu’elle haïssait,parce quelle était jalouse des charmes de Dianede Poitiers, sa maîtresse. Ces intrigues, si fri-voles et si méprisables dans leurs motifs , sigraves et si importantes par leurs suites; ce jeu,secret ou découvert, de mille petites passions,