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Tome quatrième.
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38 PARTIT. II. - PERIODE II.

avec des marques d’indifférence, mais avec des1654. signes de joie.

Les savants et les gens de lettres blâmèrenten secret une résolution qui ôtait à Christine lesmoyens de leur être utile, mais ils l’approuvèrenten public, et, lui prodiguant les éloges, célé-brèrent, en vers et en prose, ce qu’ils appelaientsa philosophie. Le peuple, qui admire toujoursce qui est rare, et qui, envieux du sort de sesmaîtres, ne conçoit pas comment on peut re-noncer à l’éclat du trône, ne vit dans cetteabdication qu’un renoncement à soi-même vrai-ment sublime. Dans le fait, rien de plus éloignéde la vérité. Christine descendit du trône, parcequ’elle préférait ses plaisirs à ses devoirs et unevie indépendante au bien-être de ses sujets. Ellecroyait trouver le bonheur en allant vivre sousun ciel plus doux, sur une terre plus riche etplus fertile, au milieu des artistes et des savants.La rigueur du climat de la Suède, l’âpreté deson sol, le peu de goût que les Suédois avaientpour les sciences et les lettres, 11e lui offraientpas le genre d’agréments auxquels elle était leplus sensible. Son imagination avait besoin d’ob-jets nouveaux, de scènes variées, de spectaclesintéressants, et son inquiétude naturelle 11e luipermettait pas de goûter les douceurs de la