Band 
Tome quatrième.
Seite
217
JPEG-Download
 

CHAPITRE XXII. 'li'J

un coup-d’œil sur les richesses de h/littératurefrançaise, et tâchons de saisir le caractère par-ticulier de ses chefs -d’œuvre , dans les différentsgenres de poésie et d’éloquence.

Avant que la Grèce eût beaucoup de poètesdignes de l’immortalité, elle a eu des poèmesépiques qui ont servi de modèles à toutes lesnations. Sans autre maître que la nature, sansautres leçons que celles qu’il reçut de son génie ,llomère enfanta l’Iliade et l’Odyssée. Ces deuxgrandes compositions, qui sont devenues les li-vres sacrés des poètes grecs, se présentent àl’entrée de l’histoire de la littérature grecque,et. le beau siècle de Louis XIV, si fécond danstous les genres, n’a point produit de poèmeépique qu’on lise encore, ni cpii mérite d’êtrelu. La muse de Boileau a fait justice du Moysesauvé de St.-Amant, du Childebrand de Sainte-Garde et de la Pucelle de Chapelain ; ces poèmesne vivent plus que dans ses vers, et ils y sontcondamnés à une triste immortalité. Chapelainsavait bien dessiner le plan d’un poème, commeon dessine le plan d’un jardin, mais il ne savaitpas le couvrir d’une riche végétation ; son ima-gination créait des personnages et des actions,mais il ignorait l’art de faire parler les uns et «lepeindre les autres. Le Moine dans son St.-Louis