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Tome quatrième.
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CHAPITRE XXI II.

vigation. L’armée de terre n’avait éprouvé, aprèsla paix de Nimègue, que de faibles réductions;les troupes, bien disciplinées et payées réguliè-rement, se formaient tous les ans en camps d’in-struction; des officiers-généraux les exerçaientaux évolutions militaires, et Louvois, qui nevoidait pas le céder à Seignelai, avait fait créersix compagnies de cadets, qui, placés dans lescitadelles de Metz et de Tournai, devaient êtreune pépinière de bons officiers.

Toutes ces mesures pouvaient encore être jus-tifiées , et même en les regardant comme desmesures défensives, on pouvait admirer la pré-voyance et l’activité du gouvernement. Plus unétat est jaloux de conserver la paix, et plus ildoit préparer avec soin tout ce qui est nécessairepour faire au besoin une guerre prompte et dé-cisive à ses ennemis. D’ailleurs, les avantagesque les derniers traités de paix avaient assurésà la France ne lui permettaient pas de croirequ’elle pourrait à la longue les conserver, si ellenégligeait les moyens de les défendre. Mais dela défense légitime de ses droits à une guerred’ambition, entreprise pour en acquérir de nou-veaux, il n’y a souvent qu’un pas; on dépassefacilement les calculs d’une juste prévoyance,on crée des dangers pour les combattre ; on prête4 18