282 P A lt TI K II. PÉRIODE IV.
ciété quelconque des brigands qui infesteraientles chemins, et avec qui les gouvernementstransigeraient au lieu de les exterminer. Il estsans doute aussi difficile d’extirper ces piratesqu’il est facile de les châtier; le concert ren-drait la chose possible , mais personne ne l’ajamais voulu sérieusement, et tous les états ontcru tour à tour trouver leur compte à les con-server. Louis XIV ne se proposait aussi que deles punir, et non de les contraindre à cesserleur métier, ou à cesser d’être. La France auraitcru compromettre sa dignité en négociant avecces corsaires, ou en achetant sa sûreté; ellevoulut les dompter par la terreur, et leur dicterdes conditions qui fussent dans ces parages lasauve-garde de sa marine ; elle réussit. Duquesne,le plus grand homme de mer que la France aitjamais eu, parut devant Alger avec une flotte680. considérable; les galiotes à bombes, inventionnouvelle , produisirent un effet prodigieux. A lavue de leurs ravages, Alger s’humilia, demandagrâce, et l’obtint en rendant sans rançon sixcents prisonniers français. Le maréchal d’Es-(>84. trées fit éprouver le même traitement à Tripoli,qui promit de respecter les vaisseaux français.Bientôt d’Estrées se montra devant Tunis , etTunis se soumit. Ces expéditions rapides et