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s’établirait en Angleterre pour toujours. Au mi-lieu de cette fermentation générale, tous lescœurs se portaient vers le duc de Monmouth, lefils naturel de Charles et de Lucie Walters; lamultitude le regardait comme le seul qui pûtsauver l’état, et désirait que la succession luifût assurée. Monmouth réunissait toutes les qua-lités propres à séduire et à éblouir le peuple, etil avait des vertus qui le faisaient estimer et ai-mer des hommes sages et réfléchis. Beau, brave,affable, libéral et généreux, ses manières étaientprévenantes; sa popularité avait d’autant plusde prix, que son extérieur était plein de no-blesse et de dignité. Son esprit n’était ni vasteni profond; chez lui, le cœur emportait souventla tête, il prenait facilement des désirs pour desespérances; avec le besoin d’agir et la volontéd’entreprendre, il entrait dans tous les projetshardis et nouveaux, et mettait dans ses actionsplus d’élan et d’impétuosité que de prudence.Un homme de ce caractère était, dans la maindes Whigs, un admirable instrument pour in-quiéter la cour, pour susciter des ennemis auduc d’Yorck, et pour augmenter la fermentationdu peuple. Shaftesbury et les autres chefs duparti de l’opposition flattaient la vanité et l’am-bition de Monmouth, et lui persuadaient qu’il