33t> PARTIE II. - PÉRIODE IV.
pas le nouveau roi; elle redoutait les effets deson caractère despotique et de son zèle persé-cuteur, mais elle n’avait pas une idée désavan-tageuse de ses talents, ni même de ses vertus.On estimait son courage et sa capacité commemarin; on lui supposait un vif sentiment d’hon-neur national ; il s’était fait une réputation deprobité et de vigueur. Cette réputation n’étaitqu’usurpée, et Jacques ne tarda pas à dissiperles illusions du public. Son frère sacrifiait toutà l’argent, aux plaisirs, à l’indolence ; Jacquesétait capable de tout sacrifier à son zèle pourla religion catholique. J^a superstition avait en-core rétréci un esprit qui n’était pas naturelle-ment vaste, et alangui une ame qui n’avait pasun haut degré d’énergie. Jaloux de son autorité,il l’était par attachement pour le culte qu’il pro-fessait , et c’était afin d’étendre et d’assurerl’empire de la religion, qu’il aurait souhaité unpouvoir absolu. Son extérieur n’était ni impo-sant ni distingué, et il n’avait ni les formes sé-duisantes, ni l’esprit aimable, ni l’humeurdouce et gaie de son frère. Faible de caractèreet de volonté, il le sentait, et confondant l’ob-stination avec la fermeté, la sévérité avec la ri-gueur , il ne savait ni résister ni céder à propos.Dans le début d’une entreprise, il semblait