346 PARTIE II. - PÉRIODE IV.
des religieux dans leur costume. C’était insulterà l’opinion, et donner une espèce de défi à lanation, que d’arborer ainsi les enseignes d’unereligion formellement proscrite par les lois duroyaume.
Ces inconvenances furent le prélude ou le signede véritables attentats contre la liberté; ellesdevaient familiariser le peuple avec les desseinsdu roi, et le préparer à des opérations plus déci-sives. Le parlement avait refusé d’accorder àJacques le pouvoir de dispenser des lois ; Jac-ques se l’attribua lui-même, et les grands jugesd’Angleterre, intimidés ou gagnés, furent assezinfidèles à leur conscience et à leur patrie pourlui reconnaître ce droit abusif. Dans le fond ,les juges, chargés uniquement d’appliquer laloi, et non de l’interpréter, de l’étendre ou dela restreindre , ne pouvaient donner par leurassentiment aucune espèce de légalité aux me-sures illégales du prince ; mais Jacques espé-rait que l’opinion des magistrats influerait surl’opinion publique; il s’en prévalut pour con-férer aux catholiques toutes les places que laconstitution leur refusait, et il en éloigna lesprotestants, à qui seuls elles devaient appar-tenir. Les lords qui avaient composé le comitésecret furent chargés de l’administration, et les