376 PARTIE II. - PÉRIODE IV.
irrésolus, il ne montra que de la lenteur, de lacrainte, de l’indécision, et lui-même entraîna ladéfection de son armée.
Un petit nombre d’officiers et de soldatsavaient joint le prince d’Orange; la masse del’armée tenait encore ferme. Jacques se renditau camp, et le quitta bientôt après pour re-tourner à Londres, en ordonnant aux troupesde faire un mouvement rétrograde, et de serapprocher de la capitale. Ce fut le signal dudécouragement et de la désertion. Churchill,dont Jacques avait commencé la fortune, et quipar son génie la poussa si loin dans la suite,fut un des premiers à donner l’exemple de ladéfection ; le duc de Grafton et beaucoup d’au-tres officiers de marque le suivirent. I^es troupesdésorganisées, affaiblies, indifférentes au sortd’un roi qui ne paraissait pas s’intéresser à lui-même , se replièrent en désordre sur Londres ;ce n’était déjà plus cette armée avec laquelleJacques aurait pu triompher de ses ennemis.
Cependant l’heureux Guillaume avançait tou-jours, et ne rencontrait presque point de résis-tance. De toutes parts arrivaient des adresses defélicitation et de remercîment; son camp se rem-plissait tous les jours de nouveaux partisans ;la cour de Jacques devenait de plus en plus dé-