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Tome quatrième.
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444 PARTIE "II. - PÉRIODE IV.

devint, dans la balance politique, le contre-poids naturel et nécessaire de la France. Cesdeux puissances, pouvant, parleur proximité etpar leurs ressources, se nuire beaucoup l’une àl’autre, sont faites pour se craindre, et pours’observer d’un œil attentif et inquiet, et sem-blent destinées, par leur jalousie réciproque,à servir de boulevard aux autres états. A cetteépoque sur tout, où la Prusse avait acquis plusd’éclat que de force, où la Russie sortait d’unelongue enfance, où des deux branches de lamaison d’Autriche, l’une était affaiblie, et l’au-tre menaçait de s’éteindre, ce fut un bonheurpour toute l’Europe, que l’Angleterre prît etconservât sur les mers un ascendant qui prévîntou contînt le despotisme continental de la France.La force qui réprime l’abus de la force peutelle-même abuser de ses moyens, et de protec-trice devenir oppressive; on doit le craindre,on doit même s’y attendre, du moment où elletriompherait entièrement de ses rivaux ; le salutdes états ne se trouve que dans la coexistence,etdans Faction et la réaction des forces principales.A la paix de Ryswick, l’Europe se rapprochaitde cet heureux équilibre où les petits états peu-vent reposer en paix, à l’ombre de la jalousieet de la surveillance des puissances du premier