CHAPITRE XXVI. 4^5
plus importante des questions a été abandonnéeau hasard des événements. En Espagne c’eûtété aux Cortès à décider ce point fondamental,si cette assemblée, qui représentait la nation,avait conservé son existence et ses droits. Maisdepuis le règne de Philippe II, les États-géné-raux de l’Espagne étaient tombés en désuétude,et le prince avait concentré la souveraineté danssa personne. Charles II pouvait et devait doncseul disposer de la couronne. Une conséquencenaturelle pour lui de la loi de l’hérédité, de cetteloi à laquelle tient le salut des monarchies, lerepos, la stabilité et l’indépendance des états,était de choisir son successeur parmi les des-cendants de sa soeur, ou dans la branche colla-térale de la maison d’Autriche. Tous ces partisprésentaient des difficultés; Marie-Thérèse, lasœur aînée de Charles II, l’épouse de Louis XIV,avait formellement renoncé à ses droits; ceuxde la sœur cadette, Marguerite-Thérèse, mariéeà l’empereur Léopold, avaient passé "à un enfantde quatre ans, son petit-fils, Ferdinand-Léopold,prince de Bavière. La maison d’Autriche voyaità regret que ce riche héritage allait lui échapper.Léopold alléguait les anciens arrangements defamille, et faisait valoir que sa mère était unefille de Philippe III; à la vérité, Anne d’Autriche,