CHAPITRE . XXVI. 48()
la paix. Il est des circonstances où les princesles plus absolus sentent que l’opinion publiqueest une puissance qu’il faut ménager, et quedes communications franches et paternelles in-spirent de la confiance aux peuples et provo-quent leurs sacrifices. On ne tient pas comptedes mesures de ce genre à un gouvernementfaible, mais on aime à voir la puissance prendrele ton de la persuasion. Torcy publia, par lesordres du roi, une adresse à tous les Français,dans laquelle on leur exposait les propositionsdéshonorantes que les alliés avaient osé faire.L’indignation fut générale; la fierté nationalese réveilla; on sentit que tous les sacrificesétaient préférables à celui de l’honneur, et bien-tôt une armée de près de cent mille hommes,sous les ordres de Villars, attesta que la Franceavait encore des ressources, qu’elle épousait lesintérêts de son roi, et qu’elle voulait vengerses injures.
Cette armée méritait d’être victorieuse ; ellene le fut pas. Les alliés avaient pris Tournai;ils marchaient sous les ordres d’Eugène et deMarlborough pour prendre Mons. Villars s’a-vança pour sauver la place. La bataille s’engageaprès du village de Malplaquet ; elle fut sanglante; 11 “f 1les Français la perdirent, mais ils se couvrirent ‘ 9