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ils sont vainqueurs de certaines influences, ont encorecette confiance surannée? dites-nous donc s’il n’est pasconstant que 90 sur 100 de ceux qui raisonnent la guerre,ne conviennent pas que Napoléon s’est perdu par l’abusdes places fortes? bêlas! elles ont fait naître ce proverbemilitaire : l’Italie est le tombeau des Français , et il se-rait aussi vrai de dire qu’elles ont également creusécelui de Napoléon ; mais, par quelle fatalité, les places,si bien appréciées aux temps voisins de la guerre, re-prennent-elles toute leur réputation pendant une longuepaix ; est-ce que la doctrine posséderait une éloquenceséductrice? ou bien l’autorité penche-t-elle vers les bas-tilles? Le dernier passage que nous avons cité du Spec-tateur militaire, est d’un élève de Darçon, qui du restesuivait la manière de son maître. « Car les vieux amis« de la patrie, disait celui-ci, eux, aiment les places for-ci tes.... On avait fait le projet de démolir la France....
« Cela avait le caractère d’une conjuration.... (1) » Vrai-ment, doit-on nous accuser de haute trahison, parce quenous disons que Napoléon s’est perdu par les placesfortes, et quil n'a pas su vivre de son principe? quele jour de la bataille ds Leipzig il avait 300,000 hommesen garnison ; que le jour de la bataille de la Rothièreil en avait plus de 200,000 , jouant encore ce fameux jeude forteresses, jeu au rebours des autres ; car, dans cettepartie, qui garde la place la perd.
Entre ces deux opinions, laquelle est la plus patrioti-que? et, si la nôtre est conforme aux faits historiques,qui de nous aura rendu le plus de services au pays enlui dessillant les yeux? Nos efforts sont d’autant plusnobles que c’est vous, notre antagoniste, qui distribuez
(î) Considérations militaires, page 211, par Darçon,