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Napoléon regardait nos places comme pouvant devenirdes obstacles contre nous ; Darçon a plus d’aplomb.« Cette objection, dit-il, ressemble un peu à ceci : il ne« faut point d’armées à cause du danger qu’elles courent« d’être battues; » (1) d’où l’on voit qu’avec une plaisan-terie on répond aisément aux difficultés.
2° « L’empereur a assez de places en Italie, il n’en veut« pas de nouvelles (2). »
3° « Le système de guerre a changé souvent. De nos« jours, il n’est déjà plus celui du temps de Turenne et<•< de Yaubân. Aujourd’hui les travaux de campagne de-« viennent inutiles, le système même de nos places est« problématique et sans effet (3). L’exemple des anciens« ne peut être une autorité pour nous, nos armes sont« trop différentes (4). » L’on ne peut guère lire quelquechose de plus fort que ces citations, et nous prions qu’onles pèse ; ici nous nous bornerons à remarquer que, con-séquent à son système, l’auteur du Spectateur s’est efforcéde prouver (h) que la guerre se fait actuellement commetoujours elle s’est faite. Il avait compris effectivementqu’il fallait établir cette similitude pour faire cadrer ladoctrine avec l’histoire. Il parait que Napoléon ne pen-sait pas comme lui.
4° « L’agglomération de Dresde, Torgau, Magde-« berg, Witlemberg, Hambourg n’eût-elle pas pro-« duit une armée formidable sur les derrières de l’armée« de l’ennemi ? Au lieu de cela près de cent mille hommes« furent perdus pour la France, accomplissant routine-« ment leur destinée (6). »
(1) Considérations, page S 2 , Darçon.
( 2 ) Ordre du 24 mars 1806 , Alexandrie.
(3) Mémorial de Sainte-Hélène, tome vi, page 126.
(4) Mémoires, volume vu, page 8/;
(5) Spectateur militaire, n°...., quatre-vingt-quinzième livraison.
<4) Mémorial, vol. x, page 31 ; vol. xiv, pages231 . 236, 238.
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